
A regarder la carte de notre voyage, vous constaterez amis lecteurs une prédominance pour les pays chauds. Il eut donc été dommage de ne pas profiter de leurs eaux tièdes et de leurs fonds souvent coraliens. Après avoir longtemps repoussé aux calendes grecques la pratique de cette discipline, il était grand temps de se jeter à l'eau au propre comme au figuré. Avant le grand plongeon, je consultais les recommandations d'usage : 1 savoir nager et etre à l'aise dans l'élément liquide, ce qui coule de source 2 ne pas faire d'aérophagie, ruineux en lestage (je signale aux persifleurs avoir perdu 10 kg de ma bouée ventrale...) 3 ne pas voir vu plus de 10 fois "Le grand bleu" source d'un mal incurable nommé la mayolite qui ramène le cerveau à celui d'un dauphin ou d'une huitre dans sa version aigue 4 accessoirement emporter avec soi un certificat d'aptitude acheté auprès d'un médecin véreux Résultat : bon pour le service. Agnès est éliminée pour non respect de la clause 1 (qui a dit la 3 !). Néanmoins, quelques interrogations et angoisses demeurent sur le mal aux oreilles et surtout le vertige des profondeurs. 
Après avoir vainement tenté de plonger dans la mer Morte (voir photo) et une après-midi masque-tuba (en version branchée : snorkelling) près d'Akaba en Jordanie, l'apprentissage débute en Egypte à Dahab sur le bord occidental de la pointe NE de la mer Rouge. En octobre nous sommes encore hors saison et trouvons sans peine un hotel bon marché à quelques mètres du rivage et juste au dessus d'un excellent club de plongée francophone (le Red sea). Marc-olivier se charge de m'initier aux techniques de base durant 4 jours. D'abord le matériel, un attirail flanqué duquel on se sent un peu comme une tortue au sol, mais que l'on oublie une fois dans l'eau. Un gilet-stab (qui se gonfle d'air) portant une bouteille généralement à 200 bars d'air et surmontée de flexibles (vers le gilet, un manomètre de pression, et un ou deux détendeurs), des palmes, une masque, parfois un tuba, une combinaison, enfin une ceinture au nombre de poids variable. L'enseignement PADI (fédération US la plus largement répandue) est d'une part théorique, par un livret et des vidéos expliquant les fondamentaux physiques et physiologiques, le matériel et les règles de sécurité. En parallèle, nous effectuons exercices à faible profondeur et 4 plongées entre 12 et 18m, à Dahab à partir de la plage de galets donnant directement sur le massif coralien. Malgré les inévitables maladresses, ne quittant pas d'une palme mon moniteur, le plaisir est immédiat. Bonheur des yeux, et une extraordinaire sensation de sérennité (etre relax en plongée c'est économiser son effort et donc son air). Une fois l'Open Water Diving PADI acquis, restait à lui donner une chaire d'experience. 
 Après un détour par le Sinaï et la vallée du Nil, nous voila à Safaga au SE de l'Egypte. J'y découvre la plongée au large et en groupe (une palanquée), à bord d'un yacht confortable, ce qui nécéssite saut puis remontée par une échelle-perroquet. C'est aussi celle du courant, parfois violent dans les passes, et qu'il convient de gérer et d'exploiter, et de la visibilité changeante. 4 plongées, autant de sensations et découvertes différentes. Première murène. S'ensuit quelques semaines au travers du Soudan et de l'Ethiopie avant d'atteindre l'ile de Zanzibar en Tanzanie (ile au statut particulier). D'abord 2 plongées au large de la capitale Stone town dans un club anglophone. Le trajet s'effectue dans un boutre en bois guère rassurant, comme les bouteilles un peu trop corrodées à mon gout. Le mal de mer me prend, mais s'estompe dès la mise à l'eau en bascule arrière. On enchaine les 2 plongées dans la matinée au minimum de ce qu'autorisent les tables. Mes sinus sont douloureux lors du 1er quart d'heure de la seconde plongée. Première épave, décevante mais émouvante. Au retour, mon estomac par bien sur en vrille. Nous passons ensuite quelques jours à Nungwi au Nord de Zanzibar sur des plages paradisiaques de sable blanc baignées d'une eau turquoise. 4 plongées toujours à partir d'un boutre avec des plongeurs de nationalités diverses. Le temps d'immersion s'allonge un peu. Un dauphin en surface, une grosse raie dans une infractuosité, premier hippocampe, et toujours une multitude de poissons de récif multicolores. Et aussi une plongée à palmer sur un sol sableux après une dérive trop longue en surface. Après un coup d'ailes et quelques jours de véhicules terrestres variés, nous nous arretons à Ifaty au SO de Madagascar. 8 plongées dans un club très cool tenu par deux français, Jean-Pierre et Stéphane. Et 8 sites différents, essentiellement au delà de la barrière ou dans sa passe principale, entre 20 et 26m de profondeur maximale. Des poissons de bonne taille (merrous, napoléons, poissons-perroquet, poissons-crocodile, poissons-pierre, grosses murènes etc) et des bans denses et colorés. Une grosse tortue toute cicatrisée vire sur le flan juste devant nous pour rejoindre le large. Quelques sites superbes et amusants avec canyons, arches et tunnels. Lors d'une plongée dans un courant puissant et une visibilité médiocre, je me cale prudemment dans le sillage des plus experimentés... et finalement apprécie la dérive. Je gère un peu mieux ma respiration, découvre l'utilisation de l'ordinateur de plongée, et ne ressent plus aucune gène à la descente, y compris lors de la seconde plongée. Grace aux explications des moniteurs, j'imagine la dégradation du site et l'appauvrissement de la flore et de la faune (dépots issus de l'érosion terrestre, surpeche). A La Réunion, j'effectue avec ma soeur Christine, venue nous rejoindre avec ma mère, une unique plongée au large de Saint-Leu à l'Ouest de l'ile. Tandis que Christine semble apprécier son bapteme, efficament guidée par un moniteur attentionné, je découvre au sein d'une palanquée nombreuse des fonds limpides mais un peu pauvres comparé a la mer Rouge. Terminons ce voyage d'initiation a la plongée sous-marine à Flic en Flac au SE de l'ile Maurice. Les 2 plongées s'effectuent sur des sites magnifiques et spectaculaires et dans une visibilité parfaite. Enormes poissons-ballon et une impressionnante murène. Un masque régulièrement embué me gache toutefois un peu le spectacle. Après 25 plongées en quelques mois, je découvre emerveillé les plaisirs de l'immersion dans les mers parmi les plus belles de la planète. Quoi de mieux pour débuter ? La plongée ne comporte pas de risques particuliers si l'on suit les règles et ne dépasse ses limites. C'est surtout une activité relaxante, nécéssitant une attitude zen. Le monde du silence est ue source de découvertes sans fin. On ressent cependant une sourde inquiétude face à la pollution, la surpeche et parfois la sur-plongée qui le menacent. D'abord quete de plaisirs égoistes, la plongée participe aussi à une prise de conscience de la fragilité des milieux marins et à la nécéssaire responsabilité des hommes sur son devenir. |