

Le chemin de fer Djibouto-Ethiopien, construit par la France et reliant Addis Abeba a Djibouti est sans doute aussi mythique que le Congo-Ocean ou le grand train mineralier de Mauritanie. Pourtant depuis des annees il agonise, et cette agonie pourrait bien aboutir a une mort prochaine si rien n'est fait au plus vite. Cette ligne est pourtant importante pour les 2 pays. A Djibouti elle apporte les fruits et legumes que ce petit etat desertique ne peut produire, ainsi que les chameaux, dont certains continuent leur voyage vers la peninsule arabique. A l'Ethiopie, elle offre le debouche a la mer qui lui fait defaut depuis l'independance de l'Erythre. Et aux populations des ces 2 pays un moyen de transport bon marche (bien que tres lent). Mais par manque de moyens, la ligne risque a tous moments d'etre arretee. Lors de notre passage d'ailleurs, le transport des passagers entre Addis et Dire Dawa etait arrete (trop dangereux, des travaux sont en cours). A notre grand regret, nous n'avons donc pas pu prendre le train.  

L'etat des voies est au plus mal, aux environs d'Awash, le train roule dans l'eau. La compagnie ne dispose plus que de 12 motrices en etat de marche, toutes tres anciennes et sans cesse reparees avec les pieces d'autres machines. Les machines hors services sont donc utilisees jusqu'a la derniere piece pour faire rouler les dernieres motrices de la compagnie. Les mecaniciens essaient en permanence de faire des miracles. Jusqu'a quand ? La compagnie a licencie il y a deux ans, la moitie de son personnel (il reste actuellement 700 salaries). Les salaries restants doivent attendre que la compagnie ait pue acheter le fioul pour etre paye. Pourtant, tous sont tres attaches a ce chemin de fer, y travaillant souvent de pere en fils. Cette petite comunaute est liee par une langue (le français) et une traditions tres exotique ici, le jeu de petanque. En effet, a l'epoque ou le chemin de fer etait Franco-Ethiopien, le personnel etait forme a l'ecole francaise. L'ensemble des documents de travail et de la signalitique de la compagnie, aujourd'hui comme hier sont en français. 
 A ce jour les employes attendent qu'une privatisation vienne sauver leur entreprise d'une mort certaine. Tous attendent l'acheteur providentiel avec impatience. une compagnie Sud-Africaine a etudie, puis refuse l'offre du gouvernement Ethiopien, un autre projet (Omanais ?) est a l'etude. En attedant, les employes se battent pour sauver le chemin de fer. Ils remettent en etat de vieux waggons de luxe en bois en esperant amener des touristes sur la ligne. Ils font visiter leurs ateliers de Dire Dawa par le tres sympathique Kelifa afin de ne pas mourrir en silence et esperant que des etrangers fassent entendre leur cris d'alarme. PS: nous etions a Dire Dawa en pleine periode de greve a la SNCF ! Pour plus d'informations sur l'histoire de ce chemin de fer, consultez le tres bon site realise par JP Crozet : www.train-franco-ethiopien.com |